Gattaz: le président de ses rêves

12 Avril 2017

Affirmant ne donner aucune consigne de vote pour la présidentielle, Pierre Gattaz, le président du Medef, a tout de même indiqué dans différentes interviews sa préférence pour Fillon ou, à défaut, pour Macron.

Tous les deux sont les meilleurs défenseurs, à ses yeux, des intérêts des entreprises, ou plutôt de leurs actionnaires.

Gattaz a ainsi distribué ses bons et ses mauvais points aux candidats. Mais il a surtout formulé ses exigences. Tout en donnant un satisfecit au CICE et au pacte de responsabilité du quinquennat Hollande – cadeaux fiscaux de l’État aux actionnaires, qui coûtent chaque année 40 milliards d’euros d’argent public sous prétexte de créer des emplois –, il a indiqué que seul « un tiers du chemin a été fait » et qu’il faut « réduire encore le coût du travail », donc aggraver l’exploitation. Il a reconnu que les marges bénéficiaires des entreprises françaises sont passées de 28 % à 32 % en quatre ans, mais c’est pour en demander davantage. D’après lui, il faut « gagner encore 35 milliards sur le coût du travail, et 55 milliards sur les impôts territoriaux ».

Le plan de route pour le prochain président, quel qu’il soit, est donc déjà tout tracé par le patronat : aggravation de l’exploitation, nouveaux reculs de l’âge de la retraite, nouveaux cadeaux fiscaux aux capitalistes, nouvelles réductions des budgets des services publics utiles à la population. Les travailleurs savent à quoi s’attendre.

Julie LEMÉE