Réseau de transport d’électricité : référendum scélérat

29 Mars 2017

La direction de RTE (Réseau de transport d’électricité, filiale d’EDF) organise à la fin du mois de mars un référendum parmi une partie du personnel concernant les interventions sur les chantiers dits contraints.

Il s’agit des interventions lorsqu’il y a urgence et qu’il faut faire des réparations sur des lignes, en cas de tempête par exemple. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de problème : les chantiers se sont faits sans encombre et les travailleurs se présentent au volontariat.

Mais justement, c’est un des éléments que la direction voudrait changer, en imposant des ordres de mission obligatoires et en supprimant le volontariat, parmi d’autres mesures au détriment des salariés.

Là-dessus, les choses paraissaient claires et la CGT, majoritaire à 58 %, refusait ce prétendu accord, contrairement à la CFDT et la CFE-CGC. Mais un dispositif de la loi El Khomri permet maintenant d’organiser un référendum dans une entreprise dès lors que des syndicats minoritaires, mais représentant au moins 30 % du personnel, y sont favorables. Or la CFDT et la CFE-CGC ont ensemble 34,37 % des suffrages et ont demandé un référendum.

Ce n’est donc pas particulièrement démocratique, mais c’est même bien pire, car les chantiers dits contraints concernent en général environ 2 000 salariés, et plus de 4 000 personnes seraient consultées. RTE demandera donc à des travailleurs non directement concernés de se prononcer pour les autres.

La direction estime que ce référendum est un outil supplémentaire pour le dialogue social. En fait, c’est la première consultation de ce type permise par la loi travail. Un début en fanfare, qui montre quels reculs scélérats permet la loi El Khomri.

Correspondant LO