Renault – Flins : contre la baisse des salaires organisée

29 Mars 2017

À l’usine Renault de Flins dans les Yvelines, depuis quelques semaines, les travailleurs intérimaires qui, au nombre de 2 000, constituent bien plus de la moitié des travailleurs de production, expriment leur mécontentement au sujet des coefficients et des salaires.

À plusieurs reprises, récemment, plusieurs dizaines d’intérimaires se sont rassemblés sur le parking des bus de l’usine, à côté des bureaux des agences d’intérim. En effet, concernant les caristes intérimaires, la direction a décidé de ne les reprendre, après leur tiers temps (l’arrêt légal de mission), qu’au coefficient 170 au lieu du 180 auparavant, donc avec un salaire plus bas qu’à la fin de leur mission précédente.

Les autres salariés intérimaires affectés à la production, majoritairement sur les chaînes, sont pris au coefficient 165, le plus bas de l’usine, et peuvent espérer au mieux passer au bout de six mois au 170, quand ils ne sont pas oubliés. À chaque nouvelle mission, ils reviennent au coefficient 165, quelques centimes au-dessus du smic horaire, même si Renault les dispense de formation puisqu’ils connaissent déjà les postes. Ils ont donc décidé de faire circuler une pétition exigeant qu’aucun salarié intérimaire ne soit pris en dessous du coefficient 180, soit à peine plus de 1 300 euros, ce qui est déjà totalement insuffisant.

De plus, les travailleurs intérimaires doivent souvent se battre pour que leurs fréquentes et quasiment inévitables heures supplémentaires soient payées. Ils ont l’impression que tout concourt, Renault comme les sociétés d’intérim, à oublier de les noter et de les payer.

La direction a essayé d’endiguer le mécontentement en faisant de vagues promesses dans une de ses publications. Elle a même osé proposer en cadeau des places de cinéma, pour la prétendue intégration des intérimaires dans le processus de fabrication ! Mais elle n’a pas proposé de prendre sur les 3,5 milliards de profits de Renault en 2016, en hausse de 20 %, grâce à l’intensification de l’exploitation de l’ensemble des travailleurs, embauchés et intérimaires. Ils sont réservés aux actionnaires.

Correspondant LO