Médecins : la pénurie

29 Mars 2017

Dans l’Aisne, comme dans bien d’autres départements, il devient de plus en plus difficile d’avoir un rendez-vous avec un dentiste, un ophtalmologiste ou un gynécologue. À Laon, il n’y a que quatre ophtalmologistes en exercice et il faut attendre six mois.

Dans un village à côté de Saint-Quentin, cela fait trois ans que la municipalité tente de trouver un médecin géréraliste prêt à remplacer celui qui doit partir à la retraite. Des patients sont obligés d’aller à l’hôpital pour se faire soigner.

Le choix du conseil national de l’Ordre des médecins et des gouvernements de limiter le nombre d’étudiants pouvant devenir médecins est en grande partie la cause de cette pénutie. Mais celle-ci est plus criante dans certaines régions que dans d’autres, d’autant que, contrairement aux enseignants, postiers ou agents EDF, les médecins peuvent s’installer où ils le souhaitent.

Pour tenter de les attirer, les collectivités locales ont recours à des aides à l’installation, des exonérations d’impôts, des rémunérations complémentaires, déjà pratiquées en Picardie et qui ne règlent pas tout, loin de là.

Dans des régions ouvrières, bien peu de familles ont les moyens de payer à leurs enfants des études longues et coûteuses. Le choix et la possibilité de devenir médecin sont, à quelques exceptions près, restreints à une petite élite issue des milieux favorisés. Du coup, la possibilité que des médecins natifs du département y exercent leur métier est bien limitée. Comme il est facile de le constater, il est des régions que les médecins formés ailleurs ne jugent pas attirantes. Il y a là un véritable problème de santé publique.

Aucun des gouvernements successifs n’a eu le courage politique nécessaire pour régler ce problème, que ce soit en intervenant sur la liberté de choix des médecins ou en facilitant réellement l’accès à l’éducation.

Inès Rabah