Île de La Réunion : Macron n’aime que les patrons

29 Mars 2017

Macron, candidat ni de droite ni de gauche à l’élections présidentielle, est venu à La Réunion le week-end des 25 et 26 mars.

Bains de foule sur les marchés forains de Saint-Leu et du Chaudron, meeting interactif avec le public... Macron venait récolter des voix, en l’occurrence celles des classes populaires, aidé en cela par le député-maire Modem de Saint-Leu, Thierry Robert, et le maire PS de Saint-Denis, Gilbert ­Annette, qui tous deux ont joué les rabatteurs de foule et les chauffeurs de salle.

Alors que le premier est convaincu que Macron « met La Réunion en première », le second a qualifié la venue du candidat d’historique. Pour Annette, Macron n’est plus seulement le mieux placé pour battre Le Pen, mais il est aussi le « candidat du travail ». Mais « travail » est bien différent de « travailleurs ». Si Macron a parlé du travail, c’est du point de vue des patrons.

Il l’a d’ailleurs bien montré lorsque, déjeunant avec les patrons réunionnais, il leur a proposé un menu qui leur convient. Macron veut « libérer le travail avec plus de simplifications ». Il souhaite aller au-delà de la loi qui porte son nom, de la loi Rebsamen ou encore de la loi El Khomri. Dans la même veine, Macron voudrait réviser la Constitution afin de donner « plus de souplesse » administrative à La Réunion, en transférant des compétences réglementaires aux collectivités pour adapter les lois ou d’autres mesures en faveur de capitalistes.

Macron prétend ne pas être venu pour parler de subventions, mais il propose les mêmes recettes consistant à baisser les impôts et les charges des entreprises. Macron jure aux industriels de la canne et du sucre, en l’occurrence le groupe Tereos, qu’il tiendra les engagements pour l’octroi de 38 millions.

À l’adresse de la population, Macron dit aussi qu’il n’est pas le père Noël.

Il promet des cadeaux aux plus riches et l’austérité aux classes populaires. Il est En marche dans les pas de la bourgeoisie.

Émile GRONDIN