Fillon : arrogance et mépris social

29 Mars 2017

À l’Émission politique sur France 2, le 23 mars, Fillon a tenté une nouvelle fois de relancer sa campagne. Mais il est difficile de prôner l’austérité budgétaire quand on a été soi-même pris la main dans la caisse publique…

Fillon n’a donc pas pu échapper à l’évocation des affaires qui le concernent. Il s’est trouvé obligé de parler des trois costumes de luxe, d’une valeur totale de 13 000 euros, offerts par son « ami » Robert Bourgi, un avocat proche des réseaux de la Françafrique : « J’ai eu tort de les accepter, (…) je les ai rendus. » Il a ensuite été malmené par l’écrivaine Christine Angot. Enfin, après qu’il a cité les passages d’un livre récemment publié pour tenter d’apporter la preuve de l’existence d’un cabinet noir à l’Élysée et d’un complot d’État contre lui, un tweet d’un des auteurs de ce livre l’a contredit quasiment en direct.

Fillon voulait se rattraper en évoquant son programme. Il en a eu l’occasion en étant confronté à des salariés d’un Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) de Bry-sur-Marne, dans le Val-de-Marne. Face à des aides-soignantes racontant qu’elles ne sont que deux pour s’occuper de 84 patients la nuit, Fillon a défendu, imperturbable, le passage aux 39 heures et donc la diminution de leur nombre de jours de congés. Lorsque l’une d’entre elles a demandé des embauches, Fillon, plein de morgue, lui a rétorqué : « En creusant la dette de la France ? »

Décidément, il y a bien deux camps : celui de cette bourgeoisie méprisante arc-boutée sur ses privilèges, et celui des travailleurs sans lesquels rien ne fonctionne dans la société. Fillon n’hésite pas à creuser la dette quand il s’agit d’offrir des exonérations fiscales au patronat, de baisser l’impôt sur les sociétés ou de supprimer l’impôt sur la fortune. Faire de la dette au profit des capitalistes et de la bourgeoisie, et la faire payer par tout le reste de la population, c’est ça son programme.

Aline URBAIN