Cité administrative – Toulouse : vive la lutte du personnel de nettoyage !

29 Mars 2017

En grève depuis le 10 mars, les employés du ménage (majoritairement des femmes) de la cité administrative de Toulouse protestent contre la dégradation scandaleuse de leurs conditions de travail. Chaque jour, à 16 heures, ils se retrouvent devant l’entrée.

Depuis le début de l’année, où la société ISS a repris le marché, ils ne sont plus qu’une dizaine d’agents, car les malades ne sont pas remplacés, plus un machiniste pour entretenir les nombreux bureaux, sanitaires et couloirs de la cité administrative qui compte près d’un millier de salariés et qui, en plus, reçoit du public. Auparavant ils étaient 19 et, dans les années 1990, ils étaient près de 40, dont plusieurs machinistes.

C’est ainsi qu’aujourd’hui un travailleur doit vider les corbeilles des bureaux de trois bâtiments sur quatre étages en quatre heures, alors qu’auparavant il ne devait faire que les rez-de-chaussée. Une autre travailleuse se retrouve avec près de 150 bureaux, 19 toilettes et trois douches à faire en quatre heures, sans compter les parties communes, les ascenseurs. C’est tout bonnement infaisable. Et tout cela pour un salaire de l’ordre de 700 euros, qui ne leur permet pas de vivre, loin de là ! Les contrats ne sont que de 20 heures par mois.

Écrasés par le travail, méprisés par leur patron qui les désigne sous le terme « ces gens-là », harcelés par les chefs, en particulier après le départ des employés de la cité administrative, fatigués, à bout, ils se battent pour défendre leur dignité de travailleurs : « On n’est pas des esclaves ». Ils demandent à revenir à la situation qui existait avec leur ancien patron et à bénéficier, pour les salaires, d’au moins un échelon de plus.

Au bout de deux semaines de grève et grâce au soutien des employés de la cité administrative qui ont massivement signé une pétition et participé à plusieurs rassemblements de soutien, leur patron a accepté de négocier. Pour l’instant, il a reculé sur les embauches. Il s’est engagé à revenir à 18 salariés mais sans préciser le temps de travail des nouveaux embauchés, ni si ce sont des CDI ou des CDD. Il a aussi reculé sur l’échelon, ce qui correspond à une hausse de salaire de 4 centimes d’euro de l’heure. Ce n’est pas ça qui mettra ISS sur la paille ! Quant à la remise à niveau de leurs salaires, c’est non et, pour les jours de grève, il refuse de les payer et même d’accepter un étalement.

Ces travailleurs continuent donc leur mouvement, toujours soutenus par de nombreux travailleurs de la cité administrative. ISS, qui est le quatrième employeur privé mondial dans le marché des services, avec 500 000 salariés, et qui vient d’obtenir le marché de la plupart des bâtiments publics de Toulouse, a réalisé un bénéfice net de 2 220 millions de couronnes danoises, soit 300 millions d’euros, en 2016. Il a décidé d’augmenter de 4 % le dividende servi aux actionnaires. Ce géant a les moyens de satisfaire les revendications.

Les conditions de travail, les salaires de ces travailleurs doivent passer avant les intérêts des actionnaires.

Correspondant LO