Arlette Laguiller : la continuité des idées communistes révolutionnaires

29 Mars 2017

J’ai été la candidate de Lutte ouvrière dans six élections présidentielles successives, avant que Nathalie prenne le relais.

La première fois que je me suis présentée, c’était en 1974. (…). Lors de ma première intervention, je disais en effet : « Je suis une femme et j’ose me présenter à cette République d’hommes. » Et lors de ma dernière intervention, je m’adressais aux travailleuses et travailleurs en disant : « Femmes, mes sœurs, travailleurs, mes frères. »

Eh bien, ma candidature suscita le mépris amusé de toute la caste politique et de bien des médias ! Comment une femme, une travailleuse, pouvait-elle faire irruption au milieu des petits jeux et des grandes combines ? (…) Eh bien oui, nous l’avons fait parce que pour nous l’égalité des femmes et des hommes, avant d’être un droit à imposer, est un fait, une évidence ! Alors, je suis très fière qu’aujourd’hui encore nous ayons choisi une candidate, en la personne de Nathalie Arthaud, pour défendre les intérêts du camp des travailleurs.

Oui, les idées communistes révolutionnaires sont minoritaires dans ce pays, et nous en sommes parfaitement conscients. Il en a toujours été ainsi, sauf pendant ces périodes, si rares dans l’histoire, où les opprimés et les exploités de la veille relèvent la tête et font trembler la société sur ses bases.

C’est de ce creuset révolutionnaire qu’est né, à l’époque, le parti qui portait et qui porte toujours le mot « communiste » dans son nom, le Parti communiste français. Mais ce parti, à certaines époques ô combien puissant, a abandonné depuis des décennies toute perspective communiste pour s’aligner, dans un premier temps, derrière la bureaucratie stalinienne de feu l’Union soviétique, avant de s’intégrer complètement dans le jeu politique de la bourgeoisie ici, en France. (…)

En 2017, le Parti communiste n’est plus présent dans cette campagne électorale, après son ralliement à Mélenchon, cet ancien sénateur et ministre du Parti socialiste, qui essaie de faire croire qu’il suffit de changer le numéro de la République pour que tout aille mieux pour le monde du travail. (…)

L’affaiblissement du Parti communiste est uniquement dû à la politique de sa direction qui, déjà en 1974, n’avait pas présenté de candidat face à Mitterrand. Elle avait mis toute l’influence, tout le dévouement de ses militants dans les entreprises, dans les quartiers populaires, à présenter cet homme politique bourgeois comme l’espoir des travailleurs. Par la suite, elle avait soutenu le gouvernement Jospin, puis Hollande, et elle recommence aujourd’hui avec un Mélenchon qui pourtant la méprise. (…)

Alors, je dis aux militants du PC qui ont adhéré sincèrement à ce parti, pour les idées généreuses d’une société communiste et pas pour participer à des gouvernements qui mènent la politique voulue par la bourgeoisie, que s’ils ne veulent pas voter pour un Mitterrand au petit pied, s’ils veulent voter selon leurs idéaux, il faut qu’ils votent pour la seule candidate qui lève bien haut le drapeau du communisme, Nathalie Arthaud.