Accord sur le chômage : les seniors sacrifiés

29 Mars 2017

Le patronat et les syndicats, à l’exception de la CGT, ont conclu le 28 mars un projet d’accord sur l’indemnisation du chômage. Il aura des conséquences dramatiques pour des centaines de milliers de chômeurs, ceux de plus de 50 ans.

L’accord conclu aura comme principale conséquence de réduire la durée d’indemnisation des salariés licenciés de plus de 50 ans. Jusqu’à maintenant, ils bénéficiaient d’une indemnisation de 36 mois, contre 24 mois pour les autres salariés non précaires. L’indemnisation est ramenée aux 24 mois communs, avec un palier pour ceux âgés de 53 à 55 ans, qui passera de 36 à 30 mois. Les 36 mois ne resteront que pour les plus de 55 ans.

Or les plus de 50 ans sont parmi les plus touchés par les licenciements. Les patrons se débarrassent d’eux en priorité, car déjà usés par le travail, moins flexibles et plus payés du fait de leur ancienneté. Ils constituent déjà la majeure partie des chômeurs de longue durée. Avec cette mesure, des centaines de milliers de chômeurs de cette tranche d’âge vont se trouver encore plus vite en fin de droits avec, au bout, le RSA à 530 euros ou rien du tout si le conjoint a encore un salaire.

Alors, certes, l’indemnisation des intérimaires et des CDD va être un peu améliorée, avec une prise en charge au bout de 88 jours de travail au lieu de 120 actuellement, mais sur une très courte durée. Mais ce sont les chômeurs qui vont payer l’addition, puisque l’accord va permettre l’économie de 900 millions d’euros à leurs dépens.

Les syndicats, encore une fois, à l’exception de la CGT, se sont inclinés devant le patronat, en sacrifiant sur l’autel du paritarisme les plus fragiles des chômeurs.

Paul SOREL