Retraites : faire payer le patronat !

22 Mars 2017

Lors du débat sur TF1 le 20 mars, les cinq principaux candidats se sont notamment affrontés sur la question des retraites.

Alors que Fillon est partisan de porter l’âge de départ à 65 ans, Hamon se dit, lui, en faveur du statu quo à 62 ans. Le Pen et Mélenchon affirment vouloir rétablir la retraite à 60 ans, mais sans pour autant revenir aux 37,5 annuités. Point commun à tous ces candidats : ils se montrent soucieux de préserver l’équilibre des régimes de retraite, sans parler de faire payer le grand patronat.

Depuis vingt-cinq ans, la nécessité de parvenir à un équilibre des régimes de retraite a été invoquée pour mener de prétendues réformes qui ont toutes entraîné un recul de l’âge de départ en retraite et une diminution des pensions. Ainsi, la durée de cotisation permettant de bénéficier d’une retraite à taux plein a été allongée, passant en 1993 de 37,5 à 40 annuités pour le privé sous l’homme de droite Balladur, et en 2003 pour le public sous Raffarin. Fillon était alors à la manœuvre en tant que ministre des Affaires sociales. Il a pu poursuivre ses attaques contre les retraites en tant que Premier ministre de Sarkozy, en portant l’âge de départ à la retraite de 60 à 62 ans et en allongeant encore la durée de cotisation à 41,5 annuités.

Chaque fois que la gauche est revenue au pouvoir, en 1997 avec Jospin et en 2012 avec Hollande, elle s’est bien gardée de revenir sur les mesures prises par ses prédécesseurs. Au contraire même, sous Hollande, le gouvernement Ayrault a porté à 43 annuités la durée de cotisation pour une retraite entière.

Les arguments étaient toujours les mêmes : à cause de l’augmentation de l’espérance de vie, le nombre de bénéficiaires deviendrait trop important pour un nombre de cotisants qui, lui, diminuerait. Cet argument est mensonger, car il ne prend pas en compte le progrès des techniques et l’augmentation de la productivité du travail qu’il a permise. Quant à la diminution du nombre de cotisants, elle est provoquée par l’accroissement du chômage, et la responsabilité en incombe donc avant tout au patronat qui licencie à tour de bras.

En réalité, si les gouvernements s’attaquent au système de retraite, c’est uniquement pour faire des économies, afin de permettre au patronat d’augmenter ses profits, notamment grâce aux diminutions de cotisation.

Garantir une retraite digne à tous les travailleurs, ce serait la moindre des choses. La société est assez riche pour en assurer le financement, à la condition de mettre à contribution les profits des grands groupes capitalistes. Ce n’est absolument pas ce qu’envisagent les candidats qui se sont opposés sur TF1.

Marc RÉMY