L’État : pompe à finances pour le patronat

22 Mars 2017

Il est de bon ton dans certains milieux de pourfendre les assistés, « ceux qui mettent à mal les finances publiques », parlant des chômeurs qui touchent le RSA à 500 euros. Mais c’est à l’autre bout, au sommet de la société, dans le clan des plus riches actionnaires, des plus grosses sociétés et des banques, que l’on engrange un flot continu d’aides et subventions en tout genre, qui assèchent les finances publiques.

Le bilan des nouveaux dispositifs d’aide aux entreprises, créés par Hollande – le Pacte de responsabilité qui inclut le CICE – devrait atteindre 41 milliards par an en 2017. Il s’agit bien de nouveaux cadeaux, s’ajoutant aux 25 milliards d’euros de baisse de cotisations sociales octroyés au patronat par les gouvernements précédents. Cela représente déjà en cumul 66 milliards d’euros de cadeaux annuels.

Mais en réalité on est encore loin du compte. En 2013, le député socialiste Queyranne avait pu recenser plus de 6 000 dispositifs qui permettaient aux entreprises de recevoir de l’argent.

Des organismes proches des milieux d’affaires ont estimé qu’avant le Pacte de responsabilité de Hollande, le montant des aides distribuées chaque année devait atteindre au moins 110 milliards d’euros annuels, tout en déclarant eux-mêmes être incapables d’en fixer le montant exact. Car, en plus des aides d’État, il y a celles de l’Europe, des conseils régionaux, des départements, des intercommunalités, des communes, des fonds dits de revitalisation gérés par des structures propres. Tout cela sans parler des commandes et marchés ouverts par l’État, les hôpitaux et les diverses structures, qui représentent des aides à peine indirectes.

Avec les cadeaux supplémentaires de l’époque Hollande, on en arrive donc à au moins 150 milliards par an d’aides aux entreprises, face à un budget national qui atteint les 313 milliards d’euros. L’assistance à la bourgeoisie, pour lui assurer la pérennité de ses profits, est un véritable gouffre qui engloutit une part croissante de ce que produit la société.

Ces aides, ces cadeaux n’ont jamais servi à créer des emplois. Ils servent, comme disent les gouvernants et ceux qui postulent à le devenir, à restaurer les marges des entreprises, autrement dit à aller sur les comptes des actionnaires. Un véritable pillage en règle.

Paul SOREL