Hollande - Hamon : la même chanson

22 Mars 2017

Lors de son meeting parisien, dimanche 19 mars, Hamon s’est lancé dans une tirade contre le « parti de l’argent, qui a plusieurs noms, plusieurs visages et même plusieurs partis ».

Il visait évidemment ses concurrents : Macron ex-banquier d’affaires, Fillon adulateur du grand capital et des petits pourboires, Le Pen défenseur acharnée de la propriété et du droit des possédants d’exploiter leurs salariés. Et, en effet, ces trois-là sont bien des candidats de l’argent. Hamon, en les attaquant, voudrait se donner l’image d’un candidat indépendant des puissances d’argent. Mais la ficelle est grosse. Le Parti socialiste au gouvernement n’a pas eu besoin de tels liens directs pour faire la politique de la bourgeoisie. Pour les Hollande, les Jospin ou autres, cela s’appelle la responsabilité… à l’égard de la bourgeoisie.

Après l’expérience Hollande, Hamon, quelles que soient ses envolées, ne trompera pas grand monde. Le discours contre l’argent roi a été tenu à toutes les élections depuis qu’il en existe, par les politiciens de gauche, mais aussi quelques fois d’extrême droite, pour solliciter les suffrages populaires. Il a été immédiatement trahi par ces mêmes politiciens, pour peu qu’ils aient accédé au pouvoir. Hollande n’a été que le dernier d’une longue lignée et Hamon fut ministre d’un gouvernement qui a couvert de cadeaux patrons et milliardaires.

La question n’est même pas celle des rapports personnels existant entre les candidats et les possédants, ou en tout cas elle ne s’y limite pas. On aura tout connu en la matière, y compris l’honnêteté personnelle, même si ce n’est pas la variété la plus courante de l’espèce. La seule chose qu’on n’a jamais vue est un gouvernement qui agisse pour les travailleurs, qui prenne sur les bénéfices et les fortunes pour assurer la vie des familles ouvrières. Aucun gouvernement, quels qu’aient été ses discours électoraux, ne l’aura fait volontairement, même si quelques-uns, sous la pression, ont été contraints à quelques gestes en ce sens.

La classe capitaliste domine la société. L’État lui est dévoué, il défend ses intérêts, fait régner son ordre, voit par ses yeux et parle par sa bouche. Les hommes politiques accèdent au pouvoir dans ce cadre, pour faire fonctionner cet appareil. Pour eux, l’intérêt des entreprises, c’est-à-dire celui des familles bourgeoises qui les possèdent, est la loi suprême. C’était vrai hier, cela le reste aujourd’hui. En ce sens, au-delà des discours de circonstance, qu’ils se prosternent d’avance devant lui ou qu’ils fassent mine d’en être les adversaires, tous ceux qui prétendent gouverner en respectant la propriété capitaliste sont les candidats de l’argent.

Paul GALOIS