Emplois parlementaires bidon : à qui le tour ?

22 Mars 2017

« Il devrait y avoir une règle simple : l’emploi d’un conjoint par un parlementaire ne devrait pas être autorisé. » Le 23 janvier, le nouveau ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, s’était indigné de ce qu’on apprenait de l’emploi fictif de Penelope Fillon comme attachée parlementaire de son mari, candidat de la droite à la présidentielle.

Deux mois après, Le Roux se fait prendre la main dans le même pot de confiture. Étant député, puis président du groupe PS de l’Assemblée, il a salarié ses deux filles comme assistantes de 2009 à 2016.

Précoces, elles ont débuté à 15 et 16 ans et en outre, fort douées, elles assistaient leur député de père tout en étant en stage à l’étranger ou en suivant des études prenantes. En échange, il les a gâtées : pour ces petits boulots d’été, dit-il, elles ont touché 55 000 euros.

Fillon avec sa femme, sa fille et son fils ; Le Pen avec son compagnon, sa sœur, sa belle-sœur et son garde du corps ; Le Roux avec ses filles : de la droite au FN en passant par le PS, les emplois fictifs d’assistants parlementaires fort bien payés ont la cote dans le petit monde des politiciens de la bourgeoisie. Les mêmes qui trouvent démagogique de demander qu’aucun salaire ne soit inférieur à 1 800 euros net.

E. P.