Bosal - Reims : les travailleurs licenciés toujours mobilisés

22 Mars 2017

En février 2014, l’entreprise Bosal à Beine-Nauroy, un sous-traitant automobile implanté près de Reims, était placée en liquidation judiciaire, précipitant les 58 derniers salariés vers Pôle emploi. Dix ans auparavant, cette usine employait près de 400 travailleurs.

Samedi 18 mars, près de 40 anciens salariés se sont retrouvés à la Maison des syndicats de Reims pour discuter des suites à donner à leurs recours juridiques. Après trois ans d’attente, le Conseil d’État vient de confirmer que le ministère du Travail n’aurait jamais dû accepter le plan social, du fait qu’il était notoirement insuffisant. Les seules propositions de reclassement étaient de ce fait inacceptables. Un soudeur s’était ainsi vu proposer un poste en Hongrie pour 11 000 euros annuels, à condition de parler l’anglais ou la langue locale. Par ailleurs, la décision du Conseil d’État indique que les licenciements devaient être considérés comme abusifs car sans cause réelle et sérieuse.

Les difficultés auxquelles sont confrontés les travailleurs de Bosal pour faire reconnaître leur préjudice ne sont pas terminées pour autant. En effet c’est seulement à partir de maintenant que leurs dossiers peuvent être instruits par les Prud’hommes, avec un premier jugement qui serait attendu au mieux pour le début de l’année 2018. Quant à la direction, elle aura encore la possibilité de faire appel de la décision. En tout, il faudra peut-être cinq années pour que les travailleurs puissent obtenir gain de cause.

Par ailleurs, suite à la plainte déposée par le syndicat CGT, la direction de l’usine et Bosal devront s’expliquer en juin prochain pour faillite frauduleuse car, avant de fermer l’usine, le groupe avait siphonné les comptes de l’entreprise en louant des machines qui étaient amorties.

Près de trois ans après la liquidation de leur entreprise, et parce que la plupart des travailleurs n’ont toujours pas retrouvé d’emploi fixe, enchaînant CDD, intérim, ils ont toujours la volonté de faire payer les licencieurs. Ceux-ci ne paieront jamais assez car, même si au bout du compte la justice donne raison aux travailleurs et que des indemnités leur sont versées, elles ne correspondront jamais au préjudice passé et à celui de la précarité d’aujourd’hui.

Correspondant LO