Banques : les voleurs à l’œuvre

22 Mars 2017

Après le réseau bancaire BPCE, comprenant la Banque populaire et la Caisse d’épargne, qui prévoit de supprimer 4 000 emplois, après LCL qui veut fermer 250 agences sur 1 900, BNP Paribas annonce la suppression de 200 des siennes d’ici 2020.

Le groupe bancaire a déjà supprimé 12 % de ses agences depuis 2012 et veut continuer sur sa lancée, en en rayant d’un trait de plume encore 10 %. À ce rythme-là, c’est près de 4 % du personnel qui devrait perdre son emploi chaque année. Et d’autres suppressions de postes devraient toucher les centres de traitement du groupe.

Ce n’est pas que les affaires ne marchent pas. La BNP annonce dans le même temps son ambition de conquérir 600 000 clients supplémentaires, ce qui signifie que chaque salarié restant aura forcément encore plus de travail. Au début du mois de mars, le groupe BNP Paribas proclamait 7,7 milliards de bénéfices pour l’année 2016, en hausse de 15 % par rapport à l’année précédente. Et ce n’était que les résultats d’un groupe bancaire parmi d’autres, les six plus gros groupes bancaires français affichant au total 23,5 milliards de profits en 2016. Il s’est même trouvé des actionnaires pour se plaindre que la BNP ne distribuerait que 50 % de ses profits sous forme de dividendes à l’horizon 2020.

Il existe un lien direct entre ces montants astronomiques de profits et les suppressions massives d’emplois. Elles aboutissent à une dégradation accélérée des conditions de travail, à l’épuisement croissant des salariés. Ce que les banquiers appellent l’optimisation de leur réseau, ou encore la chasse aux coûts, c’est la suppression du plus grand nombre de postes possible. Près de 30 000 suppressions de postes seraient d’ores et déjà programmées dans le secteur bancaire, avec des salariés poussés à la démission, quasiment plus jamais remplacés après leur départ en retraite. Ces bénéfices mirifiques sont le résultat direct d’une exploitation accrue des travailleurs, dont le nombre est réduit au strict minimum dans les agences ou dans les services centraux. Beaucoup n’y ont parfois même plus de place attitrée, et sont contraints chaque jour de se chercher une chaise libre dans des open space de plus en plus vastes et bruyants.

Ces groupes bancaires, qui ont failli mener l’économie mondiale à l’abîme lors de la crise de 2008, qui ont reçu alors des milliards de l’État sans aucune contrepartie et qui spéculent aujourd’hui comme jamais, mènent un guerre sans fard à leur personnel.

On ne peut accepter que des entreprises amassant des fortunes énormes détruisent ainsi impunément les moyens de vivre de milliers de salariés. Il faut y interdire les suppressions d’emplois, sous peine de réquisition sans aucune contrepartie pour leurs actionnaires.

Gilles BOTI