Aerofarm – Marseille : cinquante salariés jetés à la rue

22 Mars 2017

Alors que la direction du groupe Fareva s’apprête à fermer l’usine Aerofarm dans trois mois, elle n’hésite pas à demander aux ouvrières et aux ouvriers de faire encore un effort. Elle se permet aujourd’hui de leur réclamer de travailler jour et nuit en 3x8 pour livrer les commandes, avant de fermer définitivement le site.

Aerofarm, filiale du groupe Fareva dont le chiffre d’affaires avoisine le milliard d’euros, est spécialisée dans le conditionnement d’aérosols cosmétiques, pharmaceutiques et ménagers. La direction du groupe a décidé de fermer le site de Marseille, chemin du Littoral, en juin, dans trois mois. Elle propose des reclassement en Ardèche ou... peut-être en Russie. En cas de refus, les indemnités de licenciement seront réduites au minimum légal, d’une légèreté affligeante.

Le prétexte à la fermeture serait entre autres la perte de la commercialisation d’un produit à base de Malathion. Mais cet insecticide susceptible d’entraîner des troubles graves a été interdit par un décret du Journal officiel du 4 septembre 2007. Les stocks devaient être écoulés au 1er décembre 2008, ce qui n’a pas été le cas puisque la production a continué malgré les directives officielles. La direction prétend aussi que l’usine de Marseille ne serait pas assez rentable puisqu’elle ne produit que 13 millions de pièces, alors que l’usine de Russie serait susceptible d’en produire 150 millions...

Pourtant, cette entreprise de 50 salariés avait reçu la visite le 23 mai 2016 de la ministre du Travail, Myriam El Khomri. Et celle-ci n’avait pas eu de mots assez doux pour vanter les mérites de la direction, disant qu’elle trouvait là « des entreprises qui ont de l’avenir ». Son directeur avait renchéri en décrivant « une société en pleine expansion ».

Tous ces satisfecit n’empêchent pas la haute direction de décider de fermer le site et d’envoyer 50 personnes au chômage sans espoir de se recaser.

Voilà bien la logique de ces gens-là qui, comme disait Marx, ferment une usine comme on refermerait sa tabatière.

Correspondant LO