Toray – Ain : aux frais de la collectivité

16 Mars 2017

Comme beaucoup de patrons, Toray, groupe japonais de la chimie qui possède une usine spécialisée dans la production de films alimentaires dans l’Ain, cherche tous les moyens pour faire payer par la collectivité ce qu’il devrait payer lui-même.

C’est le cas par exemple de la formation. Comme la tenue des postes nécessite des habilitations, permis ou autres stages sécurité, la direction lorgne sur le compte personnel de formation. Ce dispositif qui a remplacé le droit individuel à la formation (DIF) est censé permettre l’accès à des formations choisies par les salariés. Mais la direction met la pression pour inciter chacun à piocher dans son compteur personnel pour participer aux stages internes. Elle économise ainsi la journée de salaire.

Elle a aussi décidé de ne plus payer les analyses de sang demandées lors des visites médicales obligatoires pour les postes ou horaires à risques. Puisque la Sécurité sociale les prend à charge, elle demande aux travailleurs de les faire prescrire par leur médecin personnel. Il en est de même pour la visite chez l’ophtalmologiste, indispensable pour avoir des lunettes de sécurité adaptées à la vue.

Les horaires en 5x8 sont pénibles et raccourcissent l’espérance de vie ? Qu’à cela ne tienne : plutôt que de financer de vraies préretraites bien méritées, la direction propose des licenciements arrangés à deux ans de la retraite. C’est Pôle emploi qui finance ainsi les trimestres manquants de travailleurs qui ont enrichi Toray toute leur vie de travail.

Côté pile, les patrons bénéficient des exonérations de cotisations qui grèvent les recettes de la Sécurité sociale, des caisses de chômage ou de formation. Côté face, ils peuvent les ponctionner pour le fonctionnement quotidien de leurs usines.

Correspondant LO