Saint-Denis : non aux violences policières !

16 Mars 2017

Mardi 7 mars, plus de 50 élèves ont été interpellés lors de l’évacuation du lycée Suger de Saint-Denis, alors que des jeunes venus de l’extérieur tentaient d’y mettre le feu.

Des incidents avaient déjà eu lieu la veille : poubelles incendiées, jets de pierres sur les vitres des salles. Cette fois-ci, plusieurs départs de feu à l’intérieur du lycée et une explosion de gros pétard (mortier) se sont produits vers 10 heures. Ce fut rapidement la panique, avec de nombreux lycéens courant dans les couloirs. Tandis que certaines classes étaient confinées, d’autres se ruaient en désordre vers la cour, accompagnées ou non de leurs enseignants. L’évacuation du lycée fut alors décidée.

Sortis sur le parvis par groupes successifs de cinquante environ, rapidement, les élèves se sont retrouvés piégés aux abords directs du lycée par les cordons de police. En fait de protection, ils étaient pris au milieu des tirs de flashball et une cinquantaine d’entre eux étaient interpellés, sans distinction, certains blessés par des tasers, juste parce qu’ils se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment. Pendant ce temps, quelques groupes partaient sévir dans les autres lycées de Saint-Denis et piller des magasins au centre-ville.

Les élèves interpellés sont restés jusqu’à 36 heures en garde à vue, menottés, insultés, voire frappés, sans pouvoir pour certains contacter ni leurs parents ni un avocat. Certains policiers les ont filmés en riant et en faisant des selfies et disant : « Alors, vous faites moins les malins ? ».

Cette violence et ce mépris ont révolté tout le monde : parents, professeurs et élèves. Ce qui s’est produit ce jour-là au lycée Suger est sans doute à relier au climat créé par le viol de Théo à Aulnay-sous-Bois et à l’impunité qui a suivi pour les policiers. Il est inadmissible que cela se soit traduit par de nouvelles violences à l’encontre des lycéens.

Les habitants des quartiers populaires subissent cette violence policière au quotidien, avec les contrôles d’identité incessants, les fréquentes insultes racistes. Des élèves racontent qu’il est courant qu’ils soient interpellés et qu’on leur prenne, pour les humilier, une ou deux chaussures, qu’ils ne récupèrent pas toujours. Selon une autre, tout le monde sait très bien quels sont les policiers les plus brutaux, les plus racistes…

Le comportement de la police est bien à l’image de la haine des pauvres de la part de ceux qui dirigent la société. Il contribue à développer une spirale de violence, et les événements du lycée Suger montrent que ce n’est certainement pas fini.

Correspondant LO