Revenu universel : plus petit, moins universel

16 Mars 2017

Depuis qu’il est officiellement le candidat du PS, Benoît Hamon est considérablement revenu sur son engagement de revenu universel qui lui avait permis de se démarquer de ses concurrents lors de la primaire de gauche.

Au début de la campagne de la primaire, il était question de verser 750 euros par mois à tous, sans condition de revenu. Hamon justifiait ce projet en expliquant que, en raison de la numérisation et de la robotisation, les emplois seraient condamnés à disparaître. Comme si le chômage était dû au manque de travail, et non à la politique du patronat qui supprime les emplois pour accroître ses profits !

Taxé d’utopiste par la droite du PS, Hamon n’a cessé de reculer et de réduire la voilure de son projet. Il a donc été question, non plus de 750 euros, mais de 600 euros, soit l’équivalent du RSA, augmenté de 10 %. Ensuite, le revenu a perdu son caractère universel, puisque Hamon le réservait aux jeunes de moins de 25 ans. Dernière évolution en date annoncée à l’Émission politique jeudi 9 mars, il ne s’agirait plus que d’un complément de revenu dégressif, et imposable, pour les salariés touchant jusqu’à 1,9 fois le smic.

Dans toutes ces variantes, Hamon prévoit que l’État compense très légèrement le bas niveau des salaires et augmente un peu les minima sociaux. C’est donc en réalité un moyen de faire payer par l’ensemble des contribuables les conséquences du chômage de masse et du niveau insuffisant des salaires, dont le patronat est pourtant le seul responsable.

Ce qui devrait être universel, c’est un emploi et un salaire pour tous, financés par les profits accumulés par le patronat depuis des années.

Claire DUNOIS