Mélenchon et le PCF : le pendu soutient la corde

16 Mars 2017

La direction du PCF a bien des tracas pour gérer le pétrin dans lequel elle s’est volontairement fourrée, en évitant de présenter son propre candidat à l’élection présidentielle.

En se rangeant derrière Jean-Luc Mélenchon au prétexte de mieux préparer des alliances pour les élections législatives suivantes, Pierre Laurent et ses collègues se sont eux-mêmes passé la corde au cou.

Mélenchon a en effet annoncé que son mouvement présenterait des candidats de son mouvement, la France insoumise, partout pour les législatives. Les dirigeants du PCF ont alors répliqué en faisant les yeux doux à Benoît Hamon, le candidat du PS, mais ils ne pouvaient décemment pas changer de cheval au milieu du gué. Puis, sans le dire tout en le disant, la direction du PCF a demandé à ses élus de ne pas se presser de donner leur parrainage à Mélenchon, pour faire pression et se laisser le temps de négocier les investitures. Mélenchon a donc dû attendre jusqu’au 14 mars pour avoir ses cinq cents parrainages d’élus.

En vertu de quoi, le candidat de la France insoumise a enfoncé le clou : il veut bien des militants du PCF dans le cortège pour la VIe République, convoqué le 18 mars à Paris, mais il ne veut pas des banderoles et du cortège du parti.

Les militants du PCF ne peuvent ignorer ce que veut Mélenchon : se servir des forces de leur parti pour se présenter et faire campagne, puis imposer son propre appareil, placer ses propres amis en lieu et place des élus du PCF. Cette manœuvre, réédition de celle de Mitterrand autrefois, ne rencontre qu’une résistance bien molle de la part de la direction du PCF, voire pas de résistance du tout. En effet un certain nombre de ses dirigeants et élus sont convaincus, ou assurés, de rester en place, et ceux-là font campagne pour Mélenchon. D’autres, dont l’avenir est lié à un accord avec leurs collègues du PS, sont nettement moins convaincus par cette alliance et cherchent des assurances de ce côté-là.

Beaucoup de militants et d’électeurs du PCF, plus préoccupés de défendre une politique qu’une carrière politique, sont désorientés par ce manque de perspectives. Cette situation n’est pourtant que l’aboutissement de dizaines d’années de renoncements politiques, dont le fait de faire passer la participation à une majorité gouvernementale comme l’ultime moyen de lutte des travailleurs. Cela n’aura servi qu’à installer dans de confortables fauteuils des générations de politiciens, de Guy Mollet à Hollande en passant par Mitterrand, et à tromper les travailleurs.

Paul GALOIS