L’État et les routes : désengagement croissant

16 Mars 2017

Un rapport du Sénat, rendu public début mars, alerte sur le manque d’entretien des routes en France. Cela concerne les routes nationales, départementales mais aussi, encore plus scandaleux, le réseau autoroutier.

L’État, qui a confié l’entretien d’une grande partie du réseau routier aux départements et aux communes, ne cesse depuis 2011 de diminuer les dotations aux collectivités territoriales. Du coup, celles-ci ont baissé les sommes consacrées à l’entretien des routes. Quant aux routes dévolues à l’État lui-même, elles ne sont pas mieux entretenues.

Alors que l’Autorité de la concurrence a publié un rapport sur la rentabilité exceptionnelle des sociétés d’autoroutes, le rapporteur du Sénat pointe que « la proportion du réseau autoroutier dont l’état s’est dégradé a augmenté de 5 % à 16 % entre 2011 et 2014 ». Le protocole d’accord, conclu en avril 2015 entre l’État et les autoroutiers, reste secret, l’État s’abritant derrière le secret des affaires. On ne sait donc rien des obligations qui incombent à ces sociétés qui ne se sont pas gênées pour augmenter les prix des péages.

Le gouvernement peut multiplier les campagnes de prévention sur la sécurité routière ; en laissant à ces sociétés la responsabilité des plus grandes routes sans aucune possibilité de contrôle, il montre le peu de cas qu’il fait de la vie des automobilistes.

Aline URBAIN