Lafarge : prêt à tout pour bétonner ses profits

16 Mars 2017

Le groupe franco-suisse Lafarge-Holcimplus, gros cimentier mondial, s’est dit prêt à fournir les matériaux pour construire le mur que Trump veut ériger à la frontière du Mexique. Le président américain projette d’investir 20 milliards de dollars pour le mur et 1 000 milliards de dollars pour d’autres chantiers. Cette entreprise, qui appartient au Cac 40, tient donc à être sur les rangs.

Aider à ériger ce mur contre les peuples ne pose pas de problème aux dirigeants de Lafarge. Ce groupe avait dans le passé fourni le ciment du mur de l’Atlantique à l’Allemagne hitlérienne. Au printemps 1942, en pleine Deuxième Guerre mondiale, pour se protéger sur le front ouest, le régime nazi fit en effet construire 15 000 bunkers le long des côtes, des Pays-Bas aux Pyrénées françaises, en utilisant 80 % de ciment français. Cela fit bondir le marché du BTP de 16 millions de francs en 1941 à 671 millions en 1943, ce dont le groupe Lafarge profita largement.

Plus récemment, en 2016, le cimentier a payé des impôts aux milices djihadistes en Syrie, pour pouvoir continuer à y faire fonctionner une cimenterie. Début mars, le groupe a finalement admis officiellement que son usine locale avait « fourni des fonds à des tierces parties dans le cadre d’arrangements avec un certain nombre de ces groupes armés, dont des organisations interdites, afin de pouvoir continuer à fonctionner et d’assurer la sécurité du passage des employés ».

Ayrault, ministre des Affaires étrangères de Hollande, fait semblant de s’émouvoir de la récente décision de Lafarge de participer à la construction du mur de Trump, demandant hypocritement au cimentier de bien réfléchir. Comme si avec des groupes capitalistes, Lafarge et les autres, ça n’était tout réfléchi : priorité aux profits.

A.R.