Journée CGT du 21 mars : les vœux pieux ne suffiront pas

16 Mars 2017

Le 21 mars la CGT appelle à une journée nationale interprofessionnelle de mobilisations. Il s’agit, selon la confédération, d’agir pour la « reconquête de l’industrie et des services publics ».

Dans son appel, la CGT décrit ce que serait une économie où chacun trouverait son compte, les salariés, les consommateurs, les territoires et même la nature. On produirait pour les besoins de la population, les investissements publics contribueraient à un développement harmonieux, le chômage serait résorbé par la croissance économique et par la diminution du temps de travail. On pourrait même augmenter les salaires et résorber la précarité.

Tout cela serait sans doute très bien, mais il reste un problème : comment faire pour convaincre le patronat ? Car, pour l’instant, le grand patronat est maître chez lui. C’est lui qui décide ce qu’on produit, où et comment. C’est lui qui ferme, souvent, et ouvre, rarement, des usines. C’est lui qui bloque les salaires, supprime les emplois, impose la précarité généralisée, attaque les retraites. C’est l’État qui défend ses intérêts, qui fracasse les services publics pour pouvoir subventionner le grand capital. C’est le même État qui mène la guerre aux travailleurs, chaque jour, partout et toujours, et y compris lorsqu’il est dirigé par un gouvernement qui se dit de gauche. Le système capitaliste en crise, autre notion absente de l’appel syndical, ramène en arrière toute la société afin que les profits soient augmentés. L’appel syndical peut-il suffire pour inverser cette évolution ?

Pour remonter la pente, les travailleurs devront se battre durement, en masse, avec des objectifs qui en valent la peine. Pour faire reculer le grand patronat, il faudra être assez forts pour lui faire craindre de tout perdre, comme en 1936. Ne pas dire cette vérité aux travailleurs, c’est leur bander les yeux et leur lier les mains.

La situation du monde du travail se dégrade chaque jour, depuis des dizaines d’années, sous les coups portés tout à fait consciemment par le patronat. Les travailleurs le voient et le savent. La direction de la CGT se contente là de leur dire que « ce serait bien si cela se passait autrement », sans même indiquer par quel chemin arriver dans ce paradis.

Le rapport de force entre le patronat et les travailleurs ne s’inversera pas du jour au lendemain. Mais la moindre des choses serait d’indiquer la voie pour le faire.

Paul GALOIS