Démarches officielles : tracasseries pour usagers et salariés

16 Mars 2017

À partir du 28 mars, les usagers ne pourront plus s’adresser à la préfecture pour obtenir une carte grise ou un permis de conduire. Les cartes nationales d’identité et les passeports ne seront plus délivrés dans toutes les mairies.

Cette réforme, appelée Plan préfectures nouvelle génération, a été lancée en 2015 par le ministre de l’Intérieur Cazeneuve. Elle prévoit que 47 plateformes, réparties sur tout le territoire, seront spécialisées dans la délivrance de l’un de ces papiers.

Officiellement, le ministre explique que l’objectif est « de simplifier les démarches quotidiennes des citoyens tout en facilitant les conditions de travail des agents ». Il s’agit en réalité de faire face au manque de personnel et de poursuivre la baisse des effectifs, aussi bien dans les mairies que dans les préfectures. Avec cette nouvelle organisation, le gouvernement espère passer de 4 000 salariés chargés de s’occuper de ces quatre démarches à 1 500.

Cela aura des conséquences sur les salariés de ces services. À quelle intensification du travail seront soumis ceux qui garderont cette tâche ? Pour ne citer qu’un exemple, la préfecture de Bourges aura désormais à traiter 151 000 demandes de cartes d’identité, au lieu de 16 300 l’an dernier. Quelles mutations seront imposées au personnel et combien de salariés non fonctionnaires y perdront leur poste ?

Cette réforme se fera aussi au détriment des usagers. Toujours dans le Cher, ils ne pourront déposer ou recevoir leur carte d’identité que dans douze communes. Certaines demandes pourront être faites par Internet, mais ceux qui n’y ont pas accès du fait de problèmes financiers, de zone blanche ou de difficultés à l’utiliser, seront pénalisés. Le gouvernement répond à l’inquiétude des maires en leur conseillant de mettre en place un service d’aide.

Dans la même veine, il ne sera plus possible de faire ces démarches en se rendant par exemple dans les préfectures et sous-préfectures de l’Aisne et de Champagne-Ardenne. Dans certains cas, le gouvernement compte faire prendre le relai par les auto-écoles, pour les permis de conduire, ou par les concessionnaires, pour les cartes grises.

Alors que le chômage reste très élevé, la volonté de supprimer des postes l’aggrave encore, tout en rendant la vie des classes populaires plus difficiles.

Inès Rabah