Bavures : un policier condamné

16 Mars 2017

Le 10 mars a eu lieu le jugement en appel du policier qui, en avril 2012, avait abattu Amine Bentounsi d’une balle dans le dos. Celui-ci était recherché par la police et tentait d’échapper à un contrôle d’identité.

Mis en examen, le policier avait comparu en justice à Bobigny en janvier 2016 et fut acquitté, malgré l’avis de l’avocat général qui avait requis contre lui cinq ans de prison avec sursis et l’interdiction d’exercer le métier de policier.

L’acquittement du policier au motif de la légitime défense avait alors provoqué la colère de la famille et des proches de la victime. Comment admettre cette légitime défense alors que la balle qui a tué Bentounsi lui a traversé le dos ? Ses proches menèrent le combat pour que l’affaire soit rejugée en appel.

Cette fois, en appel, le policier a été condamné. Un collègue qui avait affirmé avoir vu la victime menacer le policier, témoignage sur lequel s’appuyait la thèse de la légitime défense, s’est rétracté. Le policier a donc été condamné à cinq ans de prison avec sursis et cinq années d’interdiction de port d’arme.

La famille de la victime s’est dite soulagée de ce verdict, ainsi que le public venu la soutenir dans le tribunal, avec des banderoles réclamant « Justice pour Amine » et « Stop aux violences policières ». Pour une fois, un tribunal revient sur une décision qui exonérait totalement un policier de ses responsabilités. C’est une victoire symbolique pour les proches de la victime, même si ce jugement n’a même pas démis de ses fonctions le policier auteur du meurtre. Pourtant, c’est encore trop pour certains syndicats de police, qui se sont dits scandalisés et ont appelé à manifester.

Comment admettre qu’un policier puisse avoir tous les droits, y compris celui de tirer à vue et de tuer ? Pourtant, la loi votée début février à l’Assemblée, qui a assoupli les conditions de légitime défense pour les policiers, va encore plus dans ce sens.

Gaëlle Regent