Yémen : les conséquences désastreuses de l’intervention impérialiste

08 Mars 2017

Les États-Unis ont intensifié leurs interventions au Yémen. Quarante raids aériens auraient été opérés sur le pays depuis le 2 mars. Les civils en sont les premières victimes.

Le 29 janvier, une intervention d’un commando américain avait ainsi fait au moins 25 morts parmi la population. Ces raids ciblent la branche yéménite du groupe al-Qaida, al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa). Mais les États-Unis participent aussi à la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, qui cible les milices de la rébellion houthiste, elles-mêmes en lutte contre celles d’al-Qaida. Comme à chaque fois, l’intervention de l’impérialisme ne fait qu’attiser un incendie qu’il a largement contribué à allumer.

En mars 2015, l’Arabie saoudite a pris la tête d’une coalition regroupant neuf pays, dont la Jordanie, le Soudan et l’Égypte, avec la participation des États-Unis, pour mener l’offensive contre ces milices houthistes et défendre le gouvernement d’Abd Rabbo Mansour Hadi. Mais à la faveur de cette guerre, les milices djihadistes, celles d’al-Qaida et celles de Daech, se sont renforcées, obligeant la coalition saoudienne à consacrer une partie de ses forces militaires à les combattre en parallèle.

Comme dans le cas de l’Irak, puis de la Syrie, la situation plus que chaotique s’est envenimée davantage du fait de la concurrence que se livrent les puissances régionales entre elles, en utilisant et en attisant les divisions religieuses entre branches de l’islam. L’Arabie saoudite s’oppose ainsi à l’Iran accusé de soutenir les milices houthistes. Elle craint surtout de voir ce pays gagner en influence dans la région. L’Iran intervient en effet en Irak au travers de ses milices et en Syrie surtout au travers du Hezbollah libanais.

Les États-Unis essaient d’éteindre les feux qu’ils ont allumés un peu partout en s’appuyant sur les unes et les autres de ces puissances rivales. Mais ils ne font que déstabiliser un peu plus le pays, comme ils l’ont fait en Irak et en Syrie. La guerre du Yémen a déjà fait près de 10 000 morts, 40 000 blessés et plus de 2 millions et demi de déplacés, selon l’ONU. Les bombardements de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite se sont accompagnés d’un blocus naval, empêchant l’arrivée d’une grande partie de l’aide humanitaire, ce qui, pour Médecins sans frontières, « tue autant que le conflit » armé.

Le Yémen dépend à 90 % des importations pour sa nourriture, et à 100 % pour les médicaments et les produits pharmaceutiques. Aujourd’hui, 14 millions de Yéménites sur 25 millions sont au bord de la famine. Les classes populaires de ce pays paient très cher les conséquences de la politique impérialiste.

Aline RETESSE