PME, un prétexte pour protéger les gros

08 Mars 2017

Quand Nathalie Arthaud défend des mesures vitales pour les travailleurs, interdire les licenciements ou augmenter les salaires, les journalistes lui objectent la situation des petites entreprises qu’elle « pousserait vers la faillite ».

Le fait que des millions de travailleurs privés d’emploi, ou qui survivent avec des salaires ou des retraites de misère, soient en faillite chaque mois, ne les émeut pas. Pour eux, il est dans l’ordre des choses que les classes populaires fassent tous les sacrifices et soient servies en dernier.

L’argument des petites entreprises est fallacieux. S’il y a 3,5 millions d’entreprises en France, 95 % d’entre elles ont moins de 10 salariés. À l’inverse, moins de 5 000 entreprises emploient la moitié des salariés du privé de ce pays. Et, parmi elles, 243 grandes entreprises emploient le tiers des salariés. Celles-ci dominent l’économie, les autres n’étant que leurs sous-traitants, fournisseurs et prestataires. Ces entreprises, LVMH, L’Oréal, PSA, Bonduelle, etc. appartiennent à des familles richissimes, comme Arnault, Bettencourt, Peugeot, qui ont accumulé, année après année, des fortunes invraisemblables, fruit de la sueur et de la compétence des travailleurs. Selon une récente enquête du Monde, 143 familles bourgeoises françaises contrôlent 22 % de la Bourse de Paris, avec un capital cumulé de 445 milliards d’euros.

Il faut commencer par le haut ! En piochant dans ces fortunes, on pourra embaucher des millions de travailleurs, augmenter les salaires, les pensions, financer les écoles ou les hôpitaux. En contrôlant les comptes de toutes les entreprises, on vérifiera laquelle est réellement indépendante et laquelle est une filiale d’une plus grosse. Si une PME a une trésorerie si maigre qu’elle ne peut augmenter les salaires, il faut imposer que sa maison mère, son donneur d’ordres ou sa banque soient mis à contribution à sa place.

C’est en faisant payer l’ensemble de la classe capitaliste qu’on évitera à celle des travailleurs de plonger dans la misère.

Xavier LACHAU