Grande-Synthe : le gouvernement laisse pourrir la situation

08 Mars 2017

Il y a un an s’ouvrait le camp de Grande-Synthe, près de Dunkerque. La municipalité et Médecins sans frontières voulaient proposer aux réfugiés un camp humanitaire, un hébergement décent dans 300 cabanes, des sanitaires corrects, des cuisines communautaires, des foyers. Il devait accueillir 700 personnes. Elles sont aujourd’hui plus du double.

Les bâtiments du camp se sont dégradés sous l’effet des intempéries. La surpopulation devient insupportable et propice à des violences, à des agressions dont sont victimes en particulier les femmes et les enfants. Passeurs et mafieux rackettent les migrants.

Le gouvernement a tergiversé pendant plusieurs mois avant d’accorder une subvention pour un an de fonctionnement du camp. Le préfet vient d’annoncer une reconduite du contrat conclu avec la mairie mais ce sera, selon ses propres termes, « une convention limitée à quelques mois, pour mûrir un projet stable pour les populations qui vivent dans ce camp ».

Mais de quel projet stable parle-t-il, alors que le gouvernement ne fait que le minimum pour l’accueil des réfugiés ? Alors que, d’après un des membres d’une association humanitaire, depuis quelque temps il n’y a même plus de départs de Grande-Synthe vers des centres d’accueil et d’orientation, les CAO, où on accompagne en particulier ceux qui souhaitent faire une demande d’asile ?

La préfecture trouve que cette initiative « a montré ses limites ». Mais c’est l’État qui, lui-même, a mis les limites et abandonné les migrants à leur sort et à la bonne volonté des individus, des associations et des municipalités décidées à les traiter comme des êtres humains.

Sylvie MARÉCHAL