ELM-Leblanc – Drancy : un avertissement à la direction

08 Mars 2017

Sur le site du groupe Bosch à Drancy, en Seine-Saint-Denis, il reste une usine de production, celle des chaudières ELM-Leblanc, qui regroupe 300 personnes, dont 120 ouvriers.

Jeudi 23 février, la présence inhabituelle du directeur de production à la réunion du comité d’établissement n’augurait rien de bon.

Il est en effet venu annoncer une modification dans le calcul d’une prime, dite « de progrès ». Après avoir expliqué toutes les raisons d’en diminuer le montant, il a annoncé que pour le mois de janvier elle serait de 76 euros au lieu de 145.

Cela arrive après que la direction a annoncé qu’il n’y aura ni participation ni intéressement cette année, que les salaires n’augmenteront pas, et après un mois de décembre amputé pour les travailleurs en équipe.

Cette nouvelle baisse des salaires ne pouvait rester sans réponse. À la suite d’une réunion organisée dès le lendemain par la CGT, il a été décidé de se retrouver à la prise d’équipe à 13 h 30 le mardi 28 février.

C’était le jour où le directeur de production devait réunir les travailleurs dans l’usine pour parler de cette fameuse prime de progrès. Inquiet sans doute de l’effet produit par l’annonce faite au CE, il envisageait de scinder cette réunion en petits morceaux : une par chaîne, alors que les trois chaînes comptent 70 travailleurs au total.

Comme prévu, mardi 28 février, une quarantaine de travailleurs se sont retrouvés à la pointeuse. Une trentaine d’entre eux ont fait le tour des bureaux en attendant de rencontrer la direction, qui a finalement organisé une seule réunion pour tout le personnel. Tout en ne revenant pas sur la baisse de la prime, elle a annoncé que les négociations salariales, gelées, allaient reprendre.

Les travailleurs en équipe ont fait grève toute la journée, jusqu’à 21 h 30. Restés ensemble à en parler, l’un a dit : « On en a marre d’être des esclaves » et un autre, pour qui c’était la première grève : « Pour moi c’est une journée historique », ajoutant : « À partir de maintenant, on n’est plus des chèvres ! » Ils rappelaient le mépris de la direction qui, après les avoir fait chômer une semaine en février, demande maintenant des samedis travaillés.

Cette journée est un avertissement à la direction, peu habituée aux mouvements de grève. Le directeur de production, arrivé à 13 h le lendemain, a avoué à une ouvrière avoir eu mal au ventre toute la nuit ! Attention, ce mal de ventre pourrait bien devenir chronique si la direction reste sur ses positions.

Correspondant LO