Égalité salariale, on attend encore

08 Mars 2017

Le bilan social 2016 d’Air France a apporté des chiffres qui parlent d’eux-mêmes, et pas seulement sur ce que ses hauts dirigeants considèrent comme des salaires normaux.

Dans ce document, on découvre aussi ce qu’il en est de l’égalité salariale hommes-femmes, censée être garantie par la loi, dans une des plus grandes entreprises du pays.

C’est édifiant et en fait scandaleux car, dans toutes les catégories de personnel et tous les métiers, les salaires féminins sont notoirement inférieurs aux salaires masculins.

Parmi le personnel au sol, le salaire moyen des ouvrières et employées est, selon les données de la direction, de 2 070 euros brut, contre 2 980 euros pour leurs camarades masculins. Selon la même source, il est de 3 744 euros brut pour les techniciens mais de 3 243 pour les techniciennes.

On pourrait se dire que cette différence s’explique par le fait que beaucoup d’ouvriers et techniciens travaillent en équipe, de nuit, week-ends et jours fériés compris, alors que les femmes travaillent généralement en horaire normal. Mais, on retrouve le même écart chez les cadres de niveau 1, de niveau 2 et de niveau 3.

Quant au personnel navigant, la situation n’y est pas plus brillante. Chez les PNC (personnel navigant commercial), où les femmes sont fortement représentées, les hôtesses gagnent en moyenne 3 549 euros brut, contre 3 562 euros pour les stewards. C’est presque autant, mais moins quand même. Et c’est même bien moins quand on passe aux chefs de cabine et chefs de cabine principaux.

S’agissant des pilotes, l’écart hommes-femmes augmente plus on monte dans la hiérarchie, pour atteindre près de 20 % au sommet. Et, du copilote au commandant de bord, puis cadre et enfin instructeur, c’est toujours en défaveur des femmes, même si année après année, chaque 8 mars, gouvernants et patrons sont prêts à promettre que cela va et doit changer.

Correspondant LO