De Hollande à Cazeneuve : le FN, épouvantail commode

08 Mars 2017

Hollande et Cazeneuve multiplient les interventions destinées à mettre en garde contre une victoire du FN à la présidentielle. « L’extrême droite n’a jamais été aussi haute depuis plus de trente ans », a déclaré Hollande dans une interview à plusieurs journaux européens lundi 6 mars. Mais il a bien évité d’évoquer sa propre responsabilité dans cette progression de l’influence du Front national.

De son côté, en déplacement en Lorraine, Cazeneuve s’est rendu à l’usine Renault de Batilly où, pour vanter le bilan gouvernemental des socialistes, il s’est félicité du CICE, « qui aura contribué à restaurer de deux points les marges des entreprises ». Il n’avait rien à dire aux travailleurs sur ce qui les concernait : leurs salaires, les emplois, les conditions de travail. Et pour cause : pendant cinq ans, les socialistes au gouvernement ont aidé le grand patronat à faire reculer la condition ouvrière, apportant encore leur contribution à cette œuvre de destruction des droits sociaux avec la loi travail, pour ne citer que la dernière en date.

Hollande dit qu’il veut « tout faire (…) pour ne pas porter la lourde responsabilité » d’une victoire de Le Pen mais, par tous les aspects de sa politique au pouvoir, il a une lourde responsabilité dans l’écœurement des classes populaires, sur lequel prospère le vote FN.

Par ces prises de position, Hollande a commencé une campagne pour préparer les esprits à un vote en faveur du candidat opposé à Le Pen au deuxième tour, que ce soit Hamon, Macron ou même Fillon. Pour Hollande ou Cazeneuve, il y a longtemps que le fait de brandir l’épouvantail d’une éventuelle victoire du FN est la seule façon de tenter de mobiliser leur électorat.

Le scénario du second tour est ainsi en grande partie joué d’avance. Pour les travailleurs qui refusent de se voir réduits au rôle de pions utilisés par les politiciens dans leur course au pouvoir, seul le premier tour peut être une occasion d’exprimer à la fois leur rejet de tous ces serviteurs politiques de la bourgeoisie qui n’ont cessé de leur mentir et de les trahir, mais aussi leur opposition à toutes les politiques menées en faveur du patronat et des plus riches. Les travailleurs pourront exprimer un tel vote de classe en votant Nathalie Arthaud.

Marc RÉMY