Affaire Traoré : la justice s’acharne

08 Mars 2017

Le 14 décembre, le tribunal correctionnel de Pontoise avait déjà condamné Bagui Traoré à huit mois de prison ferme pour de prétendus outrages et violences envers des policiers municipaux.

Mardi 28 février, il a été extrait de sa prison, placé en garde à vue à 6 heures du matin, puis finalement mis en examen, accusé cette fois de tentative d’assassinat sur personne dépositaire de l’ordre public, autrement dit d’être impliqué dans les tirs qui ont visé des policiers et des gendarmes lors des journées d’émeute qui ont suivi la mort d’Adama en juillet dernier.

Dès samedi 4 mars, une manifestation de soutien au jeune homme a réuni 200 personnes à Beaumont-sur-Oise. Bagui Traoré a depuis entamé une grève de la faim dans sa cellule de Fleury-Mérogis. Assa Traoré, sa sœur, évoque leur mère qui « pleure du matin au soir. Elle a perdu un fils il y a sept mois, et on veut lui en prendre un autre. »

L’État fait payer à la famille Traoré sa volonté de faire connaître la vérité sur la mort de leur frère et fils, et le fait d’avoir mis au jour les mensonges successifs des gendarmes, des médecins et du procureur de Pontoise. Jusqu’à sa condamnation en décembre, Bagui Traoré, qui était avec Adama lors de son interpellation, luttait sans relâche pour faire éclater cette vérité. Comme l’a rappelé sa sœur, le soupçonner est une manière de discréditer son témoignage.

La justice sait se montrer impitoyable envers les pauvres.

J. L.