PSA : les sacrifices pour les ouvriers, les bénéfices pour les actionnaires

01 Mars 2017

Le trust automobile PSA a fait 2,15 milliards d’euros de bénéfices pour l’année 2016. C’est presque le double par rapport à 2015 et c’est un record historique. Ces bénéfices ne sont pas dus à un accroissement du marché. Le groupe a vendu trois millions de véhicules. En 2012, il en vendait 2,97 millions et présentait la situation comme catastrophique. Ces milliards qui vont aller grossir la fortune des actionnaires, dont les principaux, la famille Peugeot, viennent tout droit de l’exploitation accrue des travailleurs du groupe.

Il y a trois ans, pour justifier la fermeture de l’usine d’Aulnay, la direction de PSA présentait à tous des comptes en déficit, racontant même à qui voulait la croire que le groupe était au bord de la faillite. Par miracle, le discours est aujourd’hui radicalement différent. Non seulement les bénéfices sont énormes mais la dette a été remboursée et le groupe possède plus de 8 milliards d’euros de liquidités. Et PSA parle d’acheter Opel pour, semble-t-il, 2 milliards d’euros. Ces sommes gigantesques ont été produites par les ouvriers sur les chaînes de montage. Et dans des conditions pires chaque jour.

Depuis 2013, deux accords de compétitivité ont imposé des sacrifices aux travailleurs en échange de la promesse de ne pas fermer d’usine. Mais dans la réalité, sans fermer d’usine, le groupe a quand même supprimé en France 17 000 emplois CDI en trois ans, soit l’équivalent de cinq usines comme Aulnay. Pendant ce temps, la production a augmenté de 860 000 à 1 million de véhicules par an. C’est dire à quel point les cadences ont augmenté, rendant le travail de plus en plus pénible. Les samedis obligatoires et les heures supplémentaires gratuites pleuvent sur tous.

Et les fruits de ces sacrifices sont allés uniquement dans la poche des actionnaires. Depuis mars 2012, les salaires sont bloqués dans le groupe à cause des accords de compétitivité. Cette année, ils vont augmenter de 0,8 %, soit 13 euros par mois pour un salaire de 1 600 euros net. Même avec une prime de 2 000 euros, on reste très très loin du compte. L’ensemble des mesures salariales a été estimé seulement à environ 25 millions d’euros. À titre de comparaison, la rémunération annuelle des quatre principaux directeurs, dont le PDG Carlos Tavares, se chiffrent à 12 millions d’euros. Mais ce n’est rien comparé aux 55 millions d’euros de dividende que la famille Peugeot va se faire payer en mai prochain.

Les travailleurs font les comptes et, entre les dizaines de millions pour la famille Peugeot, les milliards pour racheter Opel, ils se rendent bien compte que les caisses débordent d’argent. Alors, pour en finir avec les bas salaires et les surcharges de travail qui explosent, il faudra des mobilisations pour faire reculer les patrons.

Correspondant LO