Macron : il ratisse large

01 Mars 2017

Déjà soutenu par Gérard Collomb, maire PS de Lyon, Macron a été rejoint par l’écologiste et ancien candidat de la primaire de gauche François de Rugy, par le député socialiste Christophe Caresche, par Cohn-Bendit et surtout par Bayrou, qui le qualifiait pourtant il y a quelques semaines de candidat des « forces de l’argent ».

Dans le même temps, Macron a bien été obligé d’en dire un peu plus sur son programme.

Dans une interview au journal Les Échos, il a ainsi annoncé, s’il était élu, 60 milliards d’euros d’économies, dont 15 milliards sur l’assurance-maladie et 10 milliards sur l’assurance-chômage. Comment les réaliser, si ce n’est en s’en prenant aux frais de santé des patients et à l’indemnisation des chômeurs ? Macron le dit d’ailleurs crûment : « Quand vous perdez votre emploi, vous êtes indemnisé (…) et les prestations seront strictement conditionnées à vos efforts de recherche, avec un contrôle drastique. » Contrôler encore plus les travailleurs recherchant un emploi, sous-entendre qu’ils seraient responsables du chômage et, du coup, réduire leurs indemnités, quelle originalité ! Dans la même veine, il propose la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, et le retour d’un jour de carence en cas d’arrêt-maladie dans la fonction publique, mesure que Sarkozy avait mise en place en son temps.

Par contre, il veut pérenniser le CICE, supprimer totalement les charges patronales au niveau du smic, amener l’impôt sur les sociétés de 33 % à 25 % et exonérer de l’ISF la détention d’actions.

Pour faire bonne mesure il promet de baisser, voire de supprimer pour les plus pauvres, la taxe d’habitation. Cela lui permet d’avoir l’air de se préoccuper du pouvoir d’achat des classes populaires en prônant une mesure qui ne coûterait rien au patronat. Mais une telle mesure pourrait bien réduire un peu plus les ressources des communes.

Ce prétendu programme est bien dans la continuité des politiques menées par tous les gouvernements, sous Sarkozy comme sous Hollande. Alors, Macron est-il plus de droite ou plus de gauche ? En tout cas, un serviteur de la bourgeoisie, c’est sûr !

Jacques Le Gall