Lycée Blanqui – Saint-Ouen : élèves sans toit, rien n’est réglé

01 Mars 2017

Depuis plusieurs mois, sept élèves du lycée Blanqui, situé à Saint-Ouen, dans la région parisienne, n’ont toujours pas de logement fixe. Ils sont ballotés d’hôtels en hôtels, souvent très éloignés du lycée, et craignent chaque soir de se retrouver à la rue.

Pendant plusieurs mois, certains ont même dormi dehors, dans des garages ou des parkings. Dès mi-décembre, tout le personnel du lycée, parents et lycéens se sont mobilisés pour qu’ils puissent tous avoir un logement décent qui soit pérenne. Ils ont organisé des collectes, fait signer des pétitions et appelé à des manifestations. La préfecture de Seine-Saint-Denis, après être restée totalement muette durant des semaines, a fini par envoyer un mail pour dire qu’elle s’en occupait. Mais depuis, il n’y a eu de sa part aucune proposition permettant de régler vraiment la situation.

Ainsi, pour ne donner qu’un exemple, suite à des semaines de mobilisation, deux des lycéennes, une de terminale et sa plus petite sœur, et leur mère ont fini par être hébergées dans un hôtel, après avoir dormi toutes les trois, au plus fort de l’hiver, dans des abribus. Mais cet hôtel est situé à Sevran, très loin du lycée, et elles doivent faire plus de deux heures de trajet pour y aller et la même chose pour en revenir. Le pire est cependant l’incertitude dans laquelle elles vivent, car il ne s’agit que d’un hébergement très provisoire et elles peuvent être amenées du soir au lendemain à déménager. Leur vie est rythmée par les SMS du 115, comme celui-ci : « Vous êtes maintenues dans le même hôtel jusqu’au 6 février. On vous contactera pour la suite à cette date. » Et le jour dit, elles peuvent être prévenues à 21 heures de l’obligation de se déplacer pour un autre hôtel situé à l’autre bout d’une ligne de RER. Leur vie est donc très précaire.

Ils sont des milliers chaque année à se retrouver dans cette situation. Pour la seule région parisienne, 11 630 mineurs ont été pris en charge par le Samu social, le 115, dans des centres ou dans des hôtels, en janvier 2016. Soit 1 200 jeunes de plus que pour tout 2015. Une situation tout simplement inacceptable.

Aline RETESSE