L’État fait dans l’assistanat… au patronat

01 Mars 2017

La direction d’Air France vient de publier son bilan social 2016. En le parcourant, on découvre notamment que, l’an dernier, l’État a versé 48,6 millions d’euros à la compagnie aérienne au titre du CICE.

Si l’on rappelle ce qu’est censé signifier ce sigle – crédit impôt compétitivité emploi – on verra qu’Air France a donc touché un joli pactole, tout en supprimant des emplois, encore en 2016 : plusieurs centaines, en l’occurrence au titre de PDV, les si mal nommés plans de départs volontaires.

Quant à la somme encaissée par Air France, un rapide calcul montre que, si elle avait vraiment été attribuée pour défendre l’emploi, elle aurait permis d’en créer plus d’un millier, à 2 000 euros par mois, cotisations sociales incluses.

En réalité, et c’est la direction d’Air France qui le précise dans son bilan social, cela lui a permis d’accroître ses marges, donc ses bénéfices. Ils ont d’ailleurs été plus élevés qu’attendu et d’un niveau tel que la Bourse vient de saluer la chose en faisant décoller le cours de l’action Air France.

Les actionnaires ont de quoi se frotter les mains, les boursicoteurs aussi. Ce qui ne les empêchera pas, eux, les médias et les politiciens qui leur sont tous dévoués, de présenter et dénoncer comme des assistés les travailleurs qui cherchent un emploi et qui, dans ce cas, auraient dû en trouver un à Air France, si l’argent qui lui a été versé n’avait servi à tout autre chose.

Correspondant LO