FN : séduire la finance

01 Mars 2017

Pendant que, sur les estrades de campagne, Marine Le Pen fait mine de fustiger les candidats soumis « aux puissances d’argent », son entourage rencontre beaucoup plus discrètement certains de leurs représentants.

D’après le quotidien Les Échos, Jean Messiha, énarque et coordinateur du projet présidentiel de Le Pen, a récemment rencontré des « investisseurs », c’est-à-dire des banquiers. De même Bernard Monot, économiste du Front national, s’est adressé à des responsables des banques Barclays et UBS ainsi qu’à des représentants du fonds spéculatif Black Rock, un milieu qu’il connaît bien, ayant fait carrière dans la banque et l’assurance. De son propre aveu, il leur a tenu ce discours : « Nous allons honorer la signature de la France, et nous nous engageons à maintenir la stabilité économique, monétaire et financière du pays. » En clair, les financiers et les capitalistes n’ont rien à craindre d’une arrivée du FN au pouvoir, leurs intérêts passeront avant tout le reste.

Les discours contre la finance, c’est bon pour les meetings. Dans les salons de la bourgeoisie, on parle sérieusement de la façon de servir les intérêts du capital. Et, pour le FN, l’objectif a été atteint : les banquiers ont été rassurés.

Lucien DÉTROIT