Un secteur malade de la politique de tous les gouvernements

22 Février 2017

Pendant que les futurs candidats des partis de gouvernement pérorent sur leurs propositions sur la santé… pour l’avenir, ce qu’ils ont fait ou approuvé quand ils ont participé à un gouvernement montre ce qu’on peut attendre de ces bateleurs.

Pour se limiter aux vingt dernières années, on a connu les cinq années de gouvernement Jospin pour la gauche, suivies des dix ans de droite avec Chirac et Sarkozy, pour finir par les cinq années de Hollande. Ce furent vingt années d’attaques continues et sordides contre les hôpitaux publics, contre le droit à se faire soigner, avec le déremboursement de plus en plus massif des médicaments et des soins. Ce fut, parallèlement, l’enrichissement indécent des trusts pharmaceutiques, de ceux de l’immobilier et de tous ceux liés de près ou de loin à cette activité : des fabricants de matériel médical aux prestataires de services, entreprises de nettoyage et autres. Sans oublier les compagnies d’assurance privées et les banques, qui ont fait fructifier les intérêts des emprunts forcés des hôpitaux et de la Sécurité sociale.

Sous la conduite de Martine Aubry, le gouvernement Jospin, dont Mélenchon est si fier d’avoir été un sous-ministre, a aggravé la politique de fermeture partout dans le pays des maternités, des hôpitaux de proximité, des services d’urgence, etc. Elle a agi pour restreindre les budgets des hôpitaux publics, en élargissant le déremboursement des médicaments, pendant qu’elle offrait des baisses massives de cotisations aux employeurs.

Ensuite, après qu’elle avait été préparée sous la gauche, c’est la droite qui a mis en place dans les hôpitaux publics la tarification à l’acte, appelée T2A. Ce système infernal a mis tous les hôpitaux en faillite virtuelle, ce qui ne veut rien dire mais a permis de justifier les baisses continues d’effectifs et de moyens. Puis les plans dits de retour à l’équilibre ont accéléré la grande misère des hôpitaux publics. De même les partenariats public-privé, commencés sous la gauche, ont organisé le pillage des hôpitaux publics, en particulier par les grands trusts du bâtiment. On a puisé dans l’argent des salariés, car le financement de la santé ne vient que de l’argent pris sur les salaires, les cotisations sociales n’étant que du salaire différé. L’État quant à lui n’apporte à l’ensemble du ministère de la Santé qu’une participation symbolique, l’avant-dernière du budget.

Le bilan est qu’il manque partout de médecins, d’infirmières, d’aides-soignantes, d’agents hospitaliers. Pour faire face à l’indispensable, les hôpitaux sont obligés de faire appel à l’intérim et à une pléthore de contrats aidés.

Oui, la santé est malade, à tous les niveaux, des politiques menées de la façon la plus sordide par les défenseurs de cette société, au nombre desquels les principaux candidats à la présidentielle.

Paul SOREL