Un caméléon colonial

22 Février 2017

Lors de son voyage en Algérie, Macron avait voulu plaire à son auditoire en qualifiant la colonisation de « vraie barbarie » faisant partie de « ce passé que nous devons regarder en face, en présentant nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes ». Le nous en question, aurait-il fallu préciser, c’était l’armée française agissant aux ordres ou avec la complicité des gouvernements de droite, du centre et de gauche qui se sont succédé tout au long de la colonisation, et en particulier durant la guerre d’Algérie.

Mais quand Macron s’est rendu ensuite dans le sud de la France, il a suffi qu’une centaine de manifestants chauffés à blanc, parmi lesquels des militants du Front national, viennent parasiter son meeting de Toulon pour qu’il batte en retraite. Et de demander pendant de longues minutes pardon aux « passionnés à qui il a fait mal ».

On savait déjà que Macron n’a ni programme ni idées. On sait maintenant que, quand par hasard il en formule une valable, il peut la retirer à la moindre pression de la droite et de l’extrême droite.

Jean SANDAY