Son programme : les délinquants mineurs paieront

22 Février 2017

François Fillon vient d’ajouter à son programme l’abaissement de la majorité pénale à 16 ans. L’annonce de cette mesure est purement démagogique car, comme l’ont fait remarquer plusieurs magistrats, aucun âge n’est actuellement fixé, en dessous duquel un jeune ne pourrait être jugé pénalement. Mais peu importe pour Fillon : il veut s’afficher comme un candidat à poigne et si possible faire oublier ses propres malversations.

À la suite du viol de Théo à Aulnay-sous-Bois, c’est avec la police que Fillon a montré sa solidarité. Tout en reconnaissant que les auteurs de cette agression devaient être sanctionnés, il a aussitôt déclaré : « Un acte d’une violence pareille ne doit pas retomber sur la police, la gendarmerie, les forces de sécurité, qui n’ont rien à voir là-dedans. »

Fillon s’est par contre empressé de montrer du doigt ceux qui, dans les banlieues, réagissaient violemment aux exactions de la police, dénonçant « des mineurs qui se savent pratiquement intouchables car la loi les protège davantage que leurs victimes ». C’est pourtant loin d’être la réalité : 92 000 mineurs sont soumis chaque année à la justice pénale, et près de 800 sont aujourd’hui en prison. Leurs peines sont souvent moins longues que celles des adultes, car ils peuvent bénéficier de l’excuse de minorité que Fillon veut supprimer. Mais celle-ci n’a rien d’automatique. La seule limite à ce qu’un mineur soit pénalement responsable est qu’il soit “capable de discernement”.

Fillon se moque en fait de tout cela, comme d’ailleurs de la sécurité dans les banlieues. Plus les preuves de ses détournements d’argent public s’accumulent et plus il durcit son programme sécuritaire pour faire diversion. L’impunité, c’est pour lui qu’il la réclame.

Daniel MESCLA