Mines de talc : ils ont les mains blanches

22 Février 2017

« Le développement durable s’articule en trois volets chez Imerys : la protection de l’environnement ; la responsabilité sociale ; le bon gouvernement d’entreprise et l’éthique des affaires. » Voilà ce qu’on peut lire sur la page Internet de cette entreprise minière française, au chiffre d’affaires de plus de 4 milliards. Une enquête récente a fait connaître la réalité au grand public.

Se servant d’un intermédiaire pakistanais, Imerys exploite depuis 2011 des mines de talc dans la province de Nangarhar, dans l’est de l’Afghanistan. Après le passage d’une partie des zones minières sous le contrôle des talibans ou de groupes armés se revendiquant de Daech, Imerys a continué de développer son exploitation, rétribuant au passage les divers groupes islamistes, les autorités locales complètement corrompues et des responsables de l’armée pakistanaise, pour assurer la protection des camions après la frontière.

Le talc ainsi obtenu arrive ensuite à Karachi, au Pakistan, où il est stocké et trié à main nue par des travailleurs payés 4,5 euros par jour, pour des journées de travail de10 à 12 heures. Il est vendu alors, en Europe ou aux États-Unis, à l’industrie automobile, pharmaceutique ou cosmétique.

En Afghanistan comme en Afrique, les groupes armés barbares font décidément bon ménage avec les honorables et éthiques sociétés capitalistes occidentales.

Antoine FERRER