Les politiciens en campagne et ceux qui décident vraiment

22 Février 2017

À l’occasion de l’annonce des résultats du groupe Michelin – 1,66 milliard d’euros de bénéfices en 2016 – son président s’est exprimé sur BFMTV et dans la presse régionale sur la situation politique en France et dans le monde.

On voit ainsi comment, derrière les candidats en campagne, ceux qui décident vraiment dans la société sont les capitalistes comme Michelin.

Les menaces protectionnistes de Trump ? « On en a vu d’autres ! Nous avons 15 usines et 18 000 salariés aux États-Unis, nous avons investi 3 milliards de dollars depuis 2011, nous ne sommes pas menacés. » Senard remet à sa place les postures de Trump : « Laissons passer le temps des déclarations, le principe de réalité l’emportera. (…) Il est plus facile de parler des barrières douanières que de les mettre en place. »

Michelin n’envisage d’ailleurs pas une seconde de renoncer à construire une usine au Mexique : « Si on ne pouvait plus vendre ces pneus aux États-Unis, on les vendra au Mexique et en Amérique Latine ! » Mais s’il est prêt à s’adapter, il va d’abord peser sur la décision : « Cela ne nous empêche pas de donner notre avis et d’influencer les décisions. »

Les conséquences du Brexit ? « La baisse de la livre sterling nous a amenés à réagir rapidement en augmentant nos prix. [Elle] a été un booster très favorable en matière de compétitivité pour notre usine en Écosse. Je n’ai donc pas d’inquiétude particulière pour Michelin par rapport au Brexit », dit-il. En somme, protectionnisme ou pas, les profits seront là puisque ce sont les travailleurs qui en paieront les conséquences en tant que consommateurs.

Xavier LACHAU