Armement : un gâchis meurtrier

22 Février 2017

Entre 2012 et 2016, les ventes d’armes ont progressé de 8,4 % par rapport aux années 2007-2011, selon une étude de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm.

Les plus gros fabricants et exportateurs sont les États-Unis, avec le tiers du marché, suivis de la Russie, de la Chine et de la France. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, se vantait récemment d’avoir « atteint un nouveau sommet avec plus de 20 milliards d’euros de prises de commandes ».

Même si les commandes ne se concrétisent pas toutes, ce marché des armes est une manne pour les industriels, qui bénéficient partout de l’aide de leur État, à la fois leur protecteur et leur client. C’est un gigantesque gaspillage de travail et de compétences, qui seraient bien plus utiles s’ils étaient investis dans des services à la population. Le gâchis est encore plus flagrant dans les pays où une grande partie des habitants vivent dans la plus grande pauvreté, comme l’Inde qui, dans les cinq dernières années, a augmenté ses achats de 43 % et est le premier importateur d’armes.

Cette prolifération des armes ne sert pas seulement aux exercices militaires. Elle va de pair avec les conflits ouverts où les grandes puissances, les États-Unis et les gouvernements européens, sous prétexte de mettre fin au terrorisme, bombardent les populations pour rétablir leur ordre, comme au Proche-Orient, en Afghanistan, en Afrique.

La course aux armements, que les dirigeants veulent encore accélérer, est un indice du pourrissement d’un système où les engins de mort sont une source de plus en plus importante de profits. Mais c’est aussi un système où l’utilisation des armes peut être grandement facilitée par une propagande qui défend le repli sur ses frontières et exalte la nation. Les deux aspects vont de pair et forment un cocktail détonnant.

Sylvie MARÉCHAL