Police : vers le droit de tuer ?

15 Février 2017

Après les sénateurs, les députés ont adopté le 8 février un projet de loi gouvernemental renforçant encore les droits des policiers. Ces derniers, ainsi que les douaniers, les militaires qui patrouillent dans les rues et ceux qui sont en faction devant les bâtiments publics pourront désormais faire plus facilement usage de leurs armes. Par ailleurs, les peines pour outrage à policier seront durcies et l’anonymat des enquêteurs sera étendu.

Cette loi voulait répondre aux manifestations policières consécutives à l’agression au cocktail molotov de quatre policiers, en octobre, à Viry-Châtillon. Le gouvernement avait rapidement cédé aux policiers et aux politiciens de droite et d’extrême droite réclamant plus de moyens et de possibilités répressives.

Les associations de défense des droits de l’homme, le Syndicat de la magistrature et même le défenseur des droits, Jacques Toubon, tiennent cette loi pour une absolution par avance des bavures policières qui ne manqueront pas de survenir. Ils montrent qu’un policier aura désormais le droit de tirer sur un individu s’enfuyant devant un contrôle d’identité. Il suffira qu’il juge que l’individu en question est dangereux.

La discussion et le vote de la loi se sont déroulés en même temps qu’on apprenait le traitement subi par le jeune Théo à Aulnay-sous-Bois, la compréhension de la police pour les collègues tortionnaires, la mansuétude de la justice pour les cogneurs en uniforme. Aussi les députés ne se sont-ils pas bousculés dans l’hémicycle.

Mais les quinze présents, PS, LR et FN, ont voté comme un seul homme pour laisser les mains libres aux policiers : les mains, les matraques, et même les armes à feu.

Paul GALOIS