Pas de police sans bavures

15 Février 2017

Le 27 janvier s’est ouvert à Marseille le procès du policier qui, en décembre 2010, avait tué un homme d’un tir de flash-ball. La police avait été appelée dans un foyer de travailleurs pour mettre fin à une rixe. Visé par des jets de tasses, le gardien de la paix avait riposté avec son flash-ball, blessant mortellement son agresseur au thorax.

Le procureur de la République a requis contre ce policier dix-huit mois de prison avec sursis.

Le flash-ball est une arme à feu, une sorte de gros pistolet tirant des balles en caoutchouc de 5 centimètres de diamètre, qui font l’effet d’un violent coup de poing. Les consignes prescrivent de l’utiliser seulement en cas de légitime défense, à 7 mètres de distance au moins, et de ne pas viser la tête. Introduit dans la police en 1995, le flash-ball a été généralisé par Sarkozy en 2002, et les bavures se sont multipliées, la plupart du temps pour des blessures au visage. Un rapport de 2016 fait état d’un mort et de 42 blessés graves.

En juillet 2015, à la suite d’incidents entre jeunes et policiers à Argenteuil, le défenseur des droits avait demandé un moratoire sur le flash-ball et son interdiction contre des manifestants. Le ministre de l’Intérieur Cazeneuve, dans le droit fil de Sarkozy, lui avait répondu qu’il n’était pas question de « désarmer les forces de l’ordre ».

Le premier flic de France, quel que soit le gouvernement, se doit de défendre la corporation… jusque dans ses pires pratiques.

Vincent GELAS