La Roya : la solidarité est un devoir, pas un délit

15 Février 2017

Cédric Herrou a été condamné à une amende de 3 000 euros avec sursis par le tribunal de Nice pour avoir pris des migrants en auto-stop depuis l’Italie. Il a par contre été relaxé pour les autres gestes de solidarité en vertu desquels il avait été traîné en justice, qu’il s’agisse d’avoir hébergé des migrants dans sa ferme de Breil-sur-Roya ou d’avoir occupé une colonie de vacances désaffectée de la SNCF.

Ce jugement sonne comme une victoire pour tous ceux qui, comme Cédric Herrou, se battent contre la politique répressive du gouvernement à l’encontre des migrants. Ses attendus même pourront être utilisés dans ce combat, par exemple lorsque les juges affirment que, vu la détresse physique et morale des migrants tentant de passer coûte que coûte la frontière entre l’Italie et la France, « il ne saurait être reproché à quiconque de leur avoir ouvert la porte, donné une écoute ou des moyens d’hygiène ».

Ces mots sonnent comme un rappel du texte que la mère de Cédric Herrou avait envoyé au procureur, rappelant l’histoire de sa propre famille, semblable à celle de bien des migrants actuels : « Ma grand-mère paternelle a elle aussi, en 1918, passé la frontière d’Italie à pied, par les montagnes. Elle a perdu le bébé qu’elle portait au cours de ce périple. Elle s’est louée comme une bête de somme pour tirer les charretons. Je me souviens d’elle avec la lanière de cuir qui lui barrait le torse. »

Comme l’a déclaré Cédric Herrou devant les manifestants venus le soutenir à la sortie du tribunal : « On continuera à agir, et ce n’est pas sous la menace d’un préfet ni les insultes d’un ou deux politiques que nous arrêterons. Nous continuerons, car c’est nécessaire de continuer. »

Daniel MESCLA