Interdire les suppressions d’emplois

15 Février 2017

La presse évoque une reprise d’activité économique, parlant même d’une amélioration de l’emploi et de la création de 192 000 postes en 2016.

Une part importante de cette prétendue embellie sur l’emploi vient de l’augmentation de 12 % de l’intérim qui, fin 2016, représentait 654 000 postes de travail.

Mais cette affirmation que le développement économique, la reprise économique, la bonne santé des entreprises, leur compétitivité seraient la seule voie pour en finir avec le chômage de masse, est celle que reprennent les candidats en vue à l’élection présidentielle. Il s’agit d’une énorme mascarade. La seule chose que les patrons veulent développer ce sont leurs profits, la masse des dividendes qu’ils distribuent à leurs actionnaires, malgré la crise dans laquelle s’enfonce leur système.

Les suppressions d’emplois, les licenciements sont justement le résultat de cette course acharnée à l’augmentation des profits. Pour les grands capitalistes, c’est précisément en baissant la masse de ce qu’ils reversent au monde du travail, sous forme de salaires, de pensions ou de service publics, qu’ils peuvent augmenter leurs profits.

C’est ainsi que des millions de travailleurs voient leurs conditions de travail empirer de jour en jour, obligés de faire seuls ce qu’on faisait à trois auparavant. Ils se voient voler leurs jours de congé, contraints de venir en heures supplémentaires sans être payés. Et cela sans parler des accidents qui augmentent, avec des salariés handicapés du travail jetés à la rue.

Voilà ce que cache la recherche de la compétitivité et du développement. Et c’est sur cette base que les emplois des uns sont supprimés, pendant que les conditions de travail, de vie, de rémunération des autres se dégradent. Le développement des profits seul intéresse la classe bourgeoise, et le chômage de masse ne la gêne pas, il l’aide à imposer ses volontés.

Prétendre que le monde du travail ne peut espérer la fin du chômage que si les affaires des capitalistes marchent mieux et se développent, est un mensonge. La seule issue pour inverser le cours actuel des choses est d’imposer, en prenant sur les profits gigantesques de la classe capitaliste, la prise en compte des besoins de la classe des travailleurs.

Il faut stopper la pompe à alimenter le chômage, en commençant par interdire les suppressions d’emplois et les licenciements. Et il faut imposer la répartition du travail entre toutes les mains et têtes disponibles, les millions de personnes qui croupissent au chômage total ou partiel, en garantissant à tous un salaire décent. Il faut le dire dans ces élections et se préparer à l’imposer par la lutte.

Paul SOREL