Île-de-France : économies sur le logement social

15 Février 2017

Le 25 janvier, lors du vote du budget, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a revu à la baisse toutes les subventions du logement social dans les villes populaires.

Pour justifier cette décision, la ficelle est grosse : les villes populaires qui ont un parc social supérieur à 30 % des logements se voient exclues de toute aide à la construction pour les programmes dits PLAI (prêt locatif aidé d’intégration), sous prétexte de lutter contre les ghettos en Île-de-France. Cela va concerner pas moins de 130 villes. L’économie pour la région est substantielle, puisque son budget pour le logement social passera de 70 à 40 millions d’euros.

Toutes les villes de Plaine commune (Saint-Denis, Stains, La Courneuve, etc.), ou d’autres comme Villejuif, Champigny, vont ainsi avoir un gros manque à gagner pour financer la construction des logements sociaux les moins chers. Plaine commune habitat (le bailleur social) va ainsi perdre 3,5 millions d’euros. À cela s’ajoute une perte annuelle de 7 millions pour Plaine commune, somme destinée à financer les équipements publics qui suivent la construction de logements sociaux bon marché. Le prétexte invoqué est le même : d’après la présidente, l’agglomération a trop de logements sociaux, et aucune subvention ne doit les encourager !

Valérie Pécresse prétend ainsi favoriser la mixité sociale, en privilégiant les logements plus chers comme les PLS (prêt locatif social). Mais, pour un trois-pièces, le locataire paiera alors entre 1 000 et 1 200 euros par mois, une somme inaccessible à l’immense majorité des familles populaires qui attendent depuis des années un logement social. Elles devront demeurer dans des habitats insalubres et suroccupés.

La présidente de région le sait pertinemment mais, plutôt que de contraindre ses amis de Neuilly, du Vésinet ou de Levallois à construire des logements sociaux, elle veut faire d’une pierre deux coups : elle se présente comme la championne de la lutte anti-ghettos, tout en économisant sur les collectivités territoriales qui, elles, continuent de construire de tels logements !

Aline URBAIN