De Le Pen à Fillon : des propositions odieuses15/02/20172017Journal/medias/journalnumero/images/2017/02/2533.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

De Le Pen à Fillon : des propositions odieuses

Marine Le Pen crie haut et fort que les immigrés coûtent cher. Elle affirme qu’ils grèvent le budget des prestations sociales. Elle propose donc d’instaurer à l’encontre des travailleurs étrangers un délai de carence de deux années avant qu’ils puissent percevoir une quelconque prestation sociale, y compris pour ceux qui travaillent et qui donc cotisent à la Sécurité sociale.

Quand ils seront malades, ajoute Le Pen, les immigrés devront subvenir aux dépenses de leur maladie. Et d’agiter le chiffon rouge de ce trou de la Sécurité sociale dont on nous saoule depuis des années.

La mesure proposée est odieuse. Elle est également inapplicable, car contraire à la Constitution, mais qu’à cela ne tienne, rétorque Le Pen, elle changera la Constitution. Quant à permettre d’équilibrer les comptes de la Sécurité sociale, c’est une fumisterie. Ce ne sont bien évidemment pas les remboursements de soins des travailleurs étrangers malades qui grèvent de milliards d’euros les comptes de l’Assurance-maladie. Ce qui creuse le trou, ce sont les exonérations de cotisations sociales consenties aux patrons, ainsi que le défaut de rentrées consécutif à l’augmentation incessante du nombre de chômeurs.

François Fillon entonne à peu près le même refrain dans son programme. Beaucoup d’étrangers, dit-il, ne viennent s’installer en France qu’en raison de « l’exceptionnelle générosité » du système de santé. Il propose donc qu’aucune prestation d’aide sociale, d’allocation familiale ou d’aide au logement ne soit versée à ceux qui résident en France depuis moins de deux ans. Tout juste autorise-t-il la prise en charge des soins pour ceux qui travaillent et donc cotisent.

C’est, sur le fond, la même abjection. Et c’est surtout la même stratégie politique, qui consiste à utiliser les travailleurs immigrés comme boucs émissaires, à laisser croire qu’ils sont responsables tant du déficit de la Sécurité sociale que de toutes les difficultés, et donc à exonérer les vrais coupables.

Partager