BNP Paribas : profits insuffisants pour capitalistes insatiables

15 Février 2017

« Excellent ! Nous avons dépassé tous les objectifs chiffrés que nous nous étions fixés », se félicitait début février le PDG de BNP Paribas à l’annonce des 7,7 milliards de bénéfice net pour 2016, en hausse de 15 % par rapport à 2015.

Pourtant, dans les heures qui ont suivi, le titre chutait à la Bourse de Paris, entraînant à sa suite ceux de la Société générale et du Crédit agricole. Eh oui, un bénéfice plus que doublé pendant les trois derniers mois, des dividendes en progression moyenne annuelle de 9 %, et ce malgré les taux d’intérêt encore très bas fixés par les banques centrales, cela ne comble pas totalement les capitalistes, qui en veulent encore plus.

Pourtant, plaide le PDG, la banque qu’il pilote a réussi à affronter des vents contraires, de conjoncture, de réglementation, elle a fait face aux pertes de sa filiale italienne, la BNL, 36 millions d’euros tout de même, malgré les fermetures d’agences (100) et les suppressions d’emplois (700). Elle a courageusement restructuré son activité de banque de détail, destinée à capter les salaires de ses millions de clients, en supprimant, en France et en Belgique également, plusieurs centaines d’agences et près de 2 000 emplois sur trois ans.

Pourtant, la BNP Paribas a consciencieusement accéléré ses activités de courtage, autrement dit de spéculation sur les devises et les matières premières, qui ont connu un bond après l’élection de Trump. Elle a soigné ses deux cents filiales nichées dans les paradis fiscaux. Elle a même – il n’y a pas de petits profits – augmenté les frais de tenue de compte de 77 % entre 2015 et 2016, au point de pouvoir faire une pause en 2017.

Mais les capitalistes insatiables qui y placent leurs milliards veulent que cette machine à fric soit encore plus rentable !

Rien, ni les gesticulations dérisoires de Macron, ni les réglementations hypocrites édictées par les États, ne peut calmer la soif de profits des capitalistes et des banquiers. Pour y mettre un terme, pour pouvoir utiliser leurs fonds dans l’intérêt bien compris de la population, il faudra, tôt ou tard, les exproprier.

Viviane LAFONT